Le 15 mars 2024, Jonas Lenherr participe aux qualifications de la course de Coupe du monde de Veysonnaz. Le Grison perd l’équilibre durant un saut dans une chute qui semble alors anodine. Sa saison est alors terminée.
Mais le pire reste à venir. Après un retour rapide sur les skis, le pied de Jonas Lenherr s’infecte et l’oblige à être opéré en urgence, risquant alors l’amputation. 18 mois après sa chute, le Grison a retrouvé la compétition et s’apprête à skier à nouveau sur cette piste qui l’a tant marqué.
Bonjour Jonas Lenherr ! Lors de votre retour à la compétition à Val Thorens, vous avez d’abord terminé 44e, puis 19e. Êtes-vous satisfait de ces résultats? Comment vous êtes-vous senti pendant la course?
La préparation de la course s’est très bien passée dans l’ensemble. J’ai pu donner le meilleur de moi-même à l’entraînement et j’avais un sentiment positif. Mais la course s’est avérée plus difficile que prévu. J’avais mal au ventre, ce qui m’a limité et m’a empêché de skier librement, c’est pourquoi je ne suis que partiellement satisfait des résultats. En termes de performances, je sais que je peux faire mieux.
Après votre blessure, vous avez d’abord pensé à une entorse, mais le diagnostic s’est avéré beaucoup plus grave. Comment avez-vous vécu cette période d’incertitude?
Cette phase a été très difficile pour moi. Au début, on part du principe qu’il s’agit de quelque chose de bénin et on s’attend à un retour rapide. Quand il est devenu évident que la blessure était beaucoup plus grave, cela a été extrêmement dur mentalement. L’incertitude quant à la durée et à l’évolution de la blessure a rendu cette période particulièrement difficile.
Ce n’était pas la première blessure grave de votre carrière. Avez-vous tiré des leçons de vos expériences passées pour mieux gérer cette phase de convalescence?
Oui, tout à fait. Mes blessures précédentes m’ont surtout appris à être plus patient avec moi-même et à accorder à la convalescence toute l’importance qu’elle mérite. Avant, je voulais souvent revenir trop vite. Cette fois-ci, je savais qu’il était important de laisser à mon corps le temps nécessaire pour revenir durablement.
Votre absence de la Coupe du monde a duré 18 mois. Quand avez-vous pu remonter sur vos skis et comment avez-vous vécu la saison 2024/2025 en tant que spectateur?
Au printemps 2025, j’ai pu remonter sur mes skis pour la première fois. Ce fut un moment très émouvant. Vivre la saison 2024/2025 de l’extérieur m’a procuré un sentiment mitigé. D’un côté, j’étais très heureux que les skieurs suisses aient connu autant de succès, mais d’un autre côté, c’était extrêmement difficile de ne pas être en action avec eux.
Comment vos relations avec les membres de Swiss-Ski et les autres skieurs suisses ont-elles évolué pendant votre absence?
Les échanges avec Swiss-Ski et les autres athlètes ont toujours été très bons. Je me suis toujours senti soutenu et intégré, ce qui m’a énormément aidé pendant cette période. Ce sentiment de continuer à faire partie de l’équipe était très important pour moi.
Comment vous sentez-vous à l’approche de votre retour à Veysonnaz, sur la piste où vous vous êtes blessé? Abordez-vous cette course avec un état d’esprit différent?
Non, pas vraiment. Les blessures peuvent arriver partout, ce qui fait malheureusement partie de notre sport. Je ne fais pas de lien particulier avec cette piste et j’aborde cette course avec le même état d’esprit que les autres.
Le ski cross est un sport où les chutes peuvent être spectaculaires. Comment gérez-vous cette pression lorsque vous êtes dans la zone de départ?
Dans la zone de départ, il faut faire abstraction de ce genre de pensées. Si l’on se préoccupe trop des chutes ou des risques éventuels, on ne peut pas vraiment prendre le départ. Il faut se concentrer pleinement sur la course et sur ses propres objectifs, et faire abstraction de tout le reste.
Vous avez manqué les Jeux olympiques de 2022 en raison d’une saison écourtée après une blessure au genou. Les JO de Milan-Cortina sont-ils l’objectif principal de votre saison?
Les Jeux olympiques sont certainement l’un des objectifs, mais pas le seul. C’est un objectif important qui reste présent à l’esprit, mais pour l’instant, il s’agit avant tout de reprendre progressivement la compétition de manière régulière.
Alex Fiva est monté sur le podium à Innichen à l’âge de 39 ans. Pouvez-vous imaginer continuer à participer à des compétitions à cet âge? Comment voyez-vous la suite de votre carrière?
Pour l’instant, je me concentre sur cette saison et je prends les courses les unes après les autres. J’ai beaucoup de respect pour Alex Fiva et ses performances. Ce qu’il accomplit à cet âge est impressionnant. Je ne sais pas encore combien de temps ma carrière va durer, mais l’essentiel pour moi est de rester en bonne santé et de prendre du plaisir à pratiquer le ski cross.
